L’intelligence artificielle pour lutter contre la pollution

Quand on parle des projets d’entreprises transnationales, le grand public est souvent rétif. Ajouté à cela l’expérimentation d’intelligences artificielles, et cela donne la toile de fond de la science-fiction la plus pessimiste. Pourtant l’une des initiatives d’IBM montre quels intérêts peuvent découler d’une telle combinaison. Direction la Chine où l’entreprise américaine investit contre la pollution.

Un contexte chinois alarmiste

Depuis plusieurs années maintenant, la Chine promet des taux de croissance à deux chiffres. Les dirigeants du pays semblent avoir trouvé la formule entre forte présence d’Etat et intégration au marché international. Certains avancent même qu’il s’agit de la première puissance économique mondiale, du fait du grand nombre de devises américaines possédées par le pays. Mais cette réussite ne vient pas sans contrepartie. Une forte industrialisation, un exode rural et la constitution de mégalopoles, une hausse du niveau de vie qui s’accompagne d’une motorisation croissante de la population, tout ce contexte produit inévitablement de la pollution. C’est notamment à Shanghai que l’on doit la photo embrumée d’une tour rappelant certains plans du film dystopique Blade Runner. Cela atteint un tel niveau qu’on compte aujourd’hui les victimes en millions. Mais IBM s’est engagé il y a peu pour tenter de réguler ces effets nocifs sur l’environnement.

L’investissement d’IBM contre la pollution

En tant que firme spécialisée dans l’informatique, IBM s’est tourné vers l’outil technologique pour trouver la solution. Elle prend la forme d’une intelligence artificielle, une technologie capable non seulement d’accumuler des données mais d’en tirer des conclusions et de formuler des résolutions à suivre. IBM fournit un outil capable de penser à la place de structures humaines aujourd’hui plus concernées par la réussite économique.

Dans le cas de la pollution en Chine, cela se traduit en différentes étapes. Au niveau d’une ville, qui d’ailleurs peut être aussi grande que Pékin, l’ordinateur récupère toutes les informations qui peuvent peser sur le taux de pollution immédiat. A partir de ça l’I.A. construit des modèles mathématiques. Et cela permet d’anticiper les effets de cette conjoncture d’éléments. Pour l’instant les prévisions couvrent les 72 heures à venir. Cela semble limité mais ça implique des décisions immédiates qui ont des effets concrets sur le quotidien des habitants de la ville. Certaines structures de l’industrie ont ainsi été fermées temporairement pour éviter les émanations polluantes. La ville a aussi encadré l’utilisation de la voiture suite aux conclusions de l’ordinateur.

Qu’est-ce que cette intelligence artificielle ?

Cette intelligence artificielle a un nom, elle s’appelle Watson et désigne un super ordinateur.

Une grande capacité de calculs

Les informations qu’il reçoit lui sont fournies en flux tendus par les autorités publiques chinoises qui collaborent avec IMB. Un bureau spécial est notamment spécialisé dans la récupération de tout ce qui concerne le contexte environnemental. Cela va des prévisions météorologiques, notamment l’activité du vent et le degré d’humidité, jusqu’à l’état du trafic routier ou l’activité des industries, en passant bien sûr par une évaluation du taux de pollution en temps réel dans l’air de la ville. L’analyse de tant de paramètres sur un temps court est uniquement réalisable grâce aux prouesses d’un ordinateur parmi les plus puissants qui existent.

 

L’interprétation et l’affinement

Là où il s’agit d’une véritable intelligence, c’est que Watson n’est pas qu’un gestionnaire de données. Il semble comprendre le but de la manœuvre, à savoir une correspondance véritable avec l’état du terrain, et il cherche à être le plus près du vrai en confrontant ses données au maximum. IBM a en effet intégré à son ordinateur une certaine compréhension du langage pour pouvoir cerner ce qu’on attend de lui, et sa volonté de se corriger découle de sa programmation lui ayant introduit un besoin d’apprentissage et d’adaptation.

Les conclusions produites seraient plus précises d’un tiers, par rapport aux études précédentes. Le programme est en activité dans deux villes actuellement, pour un coût de plus de 100 milliards, ce qui traduit une certaine ambition environnementale.

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