La pollution en France : état des lieux

Les politiques gouvernementales françaises sont ambitieuses en termes de réduction d’émission de gaz à effet de serre. A l’issue de la COP21, le pays s’est engagé à tendre vers l’utilisation d’énergies renouvelables à hauteur de 32% à horizon 2030. De même, il est envisagé de réduire de moitié la consommation énergétique globale en 2050. Ces grandes orientations mises en œuvre par la loi sur la transition énergétique pour la croissance vertedu 18 août 2015 répondent à état des lieux inquiétant sur la pollution. Mais quel est le point de départ en termes de qualité de l’air ? Quelle est la position de la France dans le classement des pays pollués ? Quels sont les impacts de ces rejets ?

Un statut de pays riches conforté par des rejets de CO² par habitants importants

Les pays les plus pollués sont analysés au regard de la qualité de l’air. Bien entendu, la pollution des sols, des nappes phréatiques et par les déchets sont à prendre en compte. Mais les modes de vies les plus polluants par rapport à la qualité de l’air génèrent bien souvent ces autres types de pollution. Ainsi, l’analyse porte sur la qualité de l’air au travers des émissions de dioxyde de carbone. Les chiffres qui suivent sont issus du rapport EDGAR : Trends in global CO² emissions de 2014.

Le classement des pays les plus pollués place en première position les grands pays comme la Russie, les Etats-Unis ou la Chine. A eux seuls, ces trois pays représentent 40% des émissions de gaz à effet de serre. Au sein de ce classement, le territoire français se classe en 17ème position avec 0,37 milliards de tonnes de CO² rejetées par an. Ce chiffre représente un peu plus de 1% des émissions mondiales.

En prenant en compte la population des pays, la France est avancée à la 14ème position. Les émissions de CO² par habitants par année pour le pays s’élèvent à 5,7 tonnes contre 16,9 tonnes pour l’Australie qui est le pays le plus pollueur au regard de sa démographie avec les Etats-Unis en seconde position. Autre comparaison, si chaque être humain disposait du mode de vie d’un français, il faudrait l’équivalent de 3 planètes pour assurer cette consommation. Pour les américains, ce chiffre monte à 10 planètes tandis qu’il n’est que d’une demi-planète pour l’Afrique.

Ce sont donc les pays riches qui rejettent le plus de gaz à effet de serre au regard du nombre d’habitants. La France occupe plutôt la place de mauvais élève dans le classement mais se trouve loin derrière les pays industrialisés plus important. La position du pays par rapport à L’Europe est par ailleurs bonne puisque les rejets par habitant de l’Union Européenne avoisine les 7,3 tonnes par habitant.

Une qualité de l’air correcte mais déjà lourde de conséquence

Les directives de l’OMS fixent un seuil annuel PM 2,5 comme référence en rejet de gaz à effet de serre que sont les particules d’ozone, de dioxyde d’azote et dioxyde de souffre. Basé sur ce seuil, la France affiche 12,7 microgrammes tandis que la moyenne mondiale est de 18,4 microgrammes. Les pays d’Afrique du Nord et d’Asie possèdent des taux bien supérieurs qui atteignent parfois 100 microgrammes. De ce point de vue, le territoire français est donc bien positionné.

En termes d’impact sur la santé, il est estimé que 48 000 décès sont causés par les rejets polluants sur le territoire français. Cela représente une cause de décès sur dix. En 2015, un rapport du Sénat a estimé le coût de la pollution de l’air à près de 100 milliards d’euros. Ce chiffre comprend la baisse de rendement et les morts prématurés et absentéisme au travail.

Au niveau de la répartition sur le territoire, les régions les plus touchées sont celles situées le long de l’axe du Rhône et notamment Lyon, Grenoble et Genève. Le littoral de la Manche est également particulièrement touché par la pollution de l’air.

Face à ces constats comparés aux autres pays pollueurs, la France possède une bonne qualité de l’air au regard de son industrialisation. La part de l’énergie nucléaire et les normes sur les logements, les véhicules et les entreprises permettent de limiter l’augmentation des rejets dans le temps.

Liens vers des sites d’autorités :
http://www.ademe.fr/particuliers-eco-citoyens/pollution-lair-bruit/pollution-lair
https://www.service-public.fr/

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