Les compteurs communicants: Linky et Gazpar

Depuis fin 2015, les deux grands groupes français Enedis (anciennement ERDF) et GRDF ont débuté le déploiement de leurs nouveaux compteurs communiquant dénommés Linky et Gazpar. Ces compteurs remplaceront d’ici 2022 les compteurs d’électricité et de gaz existant dans les foyers. Ces appareils, vantés par les opérateurs d’énergie pour leur facilité d’utilisation et leur efficacité dans l’optique d’économiser l’énergie, font pourtant face à une opposition forte.

Un suivi de consommation moderne

Ces compteurs communicants ont l’avantage de pouvoir éviter le déplacement de techniciens. Ainsi, au lieu des cinq jours habituels pour ouvrir ou modifier une ligne d’électricité ou de gaz, cela sera possible en 24 heures, à distance, avec donc des frais moindres pour le client. Enedis communique par exemple sur un coût de mise en service de 13,20 € avec le compteur électrique Linky contre 27,30 € actuellement. Deux technologies différentes seront utilisées : le courant porteur par ligne (CPL) pour le Linky, qui consiste en la transmission de données par les lignes électriques ou l’utilisation des fréquences radio pour le Gazpar.

 

Ainsi, chaque jour, les deux appareils transmettront la consommation du foyer aux opérateurs. De fait, les factures ne se baseront pas sur des prévisions, réévaluées tous les 6 mois ou un an comme cela est le cas de nos jours, mais sur une utilisation électrique ou de gaz en temps réel. Finies les mauvaises surprises, le client pourra donc plus facilement suivre sa consommation sur Internet et faire des économies. L’Etat, de son côté, estime que cette connaissance plus fine de la consommation des ménages permettra de modifier les habitudes et de faire diminuer les risques de rupture d’énergie lors des pics annuels de plus en plus fréquents.

Des critiques de certaines associations

Pourtant, ces nouveaux compteurs, et plus particulièrement le compteur électrique Linky, font grincer les dents de certaines associations. Les critiques émises ont d’ailleurs été reprises par certaines municipalités qui ont voté le refus de voir ce compteur électrique s’implanter dans les foyers de leur commune.

Les critiques concernent principalement la technologie employée par Enedis, le CPL. Les associations pensent que la fréquence utilisée par le CPL sur la ligne électrique émet un rayonnement dangereux pour la santé. Dans son enquête parue en juin 2016, la revue 60 millions de consommateurs émettait toutefois des doutes sur cette hypothèse, sur la base d’enquêtes réalisée par Enedis et par le Centre de recherche et d’information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem).

Les opposants indiquent également que ce compteur électrique, tout comme son pendant gazier, n’aura finalement que peu d’utilité, pour un coût de fabrication et d’installation qui dépassera les 6 milliards, dont 5 pour le seul Linky. Cette somme sera prise en charge intégralement par Enedis et GRDF, qui profiteront évidemment de ces compteurs pour économiser sur leurs frais de personnels. En effet, cela fera disparaitre les emplois actuellement existant pour relever l’électricité et le gaz, ainsi que pour la plupart des opérations requérant habituellement la venue d’un technicien sur place.

Enfin, le manque de sécurité des données transmises par les compteurs est également pointé du doigt. Comment être sûr que l’utilisateur ne sera pisté dans son activité quotidienne alors que ces appareils pourront relever quasi-simultanément les consommations d’un foyer ? Les deux opérateurs indiquent que seule la consommation totale en électricité ou en gaz sera relevée, et qu’il ne sera pas possible de savoir quel appareil a été utilisé.

Ainsi, si Linky et Gazpar semblent devoir s’intégrer comme de nouveaux outils du quotidien, cela ne se fera pas sans des oppositions tenaces !

http://www.60millions-mag.com/2016/06/15/faut-il-avoir-peur-de-linky-10483

http://www.lci.fr/conso-argent/gazpar-cout-installation-polemiques-le-point-sur-le-nouveau-compteur-grdf-1505801.html

 

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